[news en vrac] Festival des films qu'on ne peut plus faire et autres joyeusetés

Publié le par Epikt


Ayé ! c’est fini ! Vous avez été super gentils de me supporter alors que je causais de cinéma coréen, nous allons enfin pouvoir reprendre le déroulement normal du Glop. Au programme, pour changer, pas de cinoche, pas de coréen, si si, je vous assure, c’est possible. En attendant, car vous n’avez peut-être pas eu l’occasion de lire tous les articles (je me suis rendu compte que finalement, une chronique tous les deux jours, surtout sur des sujets voisins, c’est peut-être beaucoup), je me permets de tirer un rapide bilan. Sur dix films, deux [Glop !], deux [Mini-Glop], c’est très raisonnable, même si on est toujours déçu et si j’aurais toujours aimé tomber sur plus de choses intéressantes. Je me résoudrais à vous conseiller chaudement Camel(s) et Rub Love (ce dernier si vous vous sentez capable de passer outre une édition DVD dégueulasse), ainsi que Yellow flower – on a là le podium qui tue. Et Rehearsal si vous êtes vraiment motivés à suivre mes conseils. Pour les autres, bah... vous êtes des grands garçons (ou grandes filles) maintenant.

Tant qu’on parle de cinéma coréen (promis, demain j’arrête) et pour nous consoler (même si rien ne nous consolera vraiment) de l’absence d’édition parisienne 2007 de l’inestimable Etrange Festival et en attendant la deuxième édition du prometteur Festival franco-coréen du film, le Centre culturel coréen organise un cycle autour de l’actrice Jeon Do-Yeon (mais si vous savez qui c’est, celle qui a reçu la palme de meilleur actrice cette année à Cannes)(vous remettez toujours pas ? mais que vais-je faire de vous ?). Les projections ont déjà commencé (mais vous n’aviez qu’à vous tenir au courrant) et se ont lieu un vendredi sur deux à 18h (un peu tôt quand même). Malheureusement pas de trace de A Promise de Kim Yu-Jin, que je veux voir depuis quelques temps, et malheureusement disponible uniquement dans une version non sous-titrée (que je vais finalement bien finir pas me prendre quand même). Au menu donc The Harmonium in my memory de Lee Young-Jae (21 septembre, c’est niqué), No blood, no tears de Ryu Seung-Wan (5 octobre), Untold scandal de Lee Jae-Yong (19 octobre), My mother the mermaid de Park Heung-Sik (2 novembre) et You are my sunshine de Park Jin-Pyo (16 novembre).
Et puisqu’on parle de Jeon Do-Yeon, la bonne nouvelle de l’année (merci au Korea Times), elle sera au casting de Meotjin haru, le nouveau film de Lee Yoon-Ki, réalisateur avec lequel je n’ai pas fini de vous bassiner les oreilles.


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Yurio, modèle de poupée high-tech par 4woods, garantie 100% comme une vraie femme,
et 100% muette (mais on se demande pour combien de temps)


Justement, en parlant d’oreilles et comme je suis parti pour écrire un post bordélique, je lis ça ce matin sur le blog musique de Flu. On avait tous (pas vous ?) testé les simulateurs de voix toutes robotiques pas belles, on savait tous aussi (pas vous ?) que nos staracadémiciens préférés avaient de plus en plus (lire « systématiquement ») recours au mixage et à des logiciels pour corriger leurs voix défaillantes, mais il semble qu’un pas ai été franchi avec le logiciel Vocaloid. La version 2 du soft est sortie il y a un petit mois au Japon, et il est désormais possible de s’acheter sa propre chanteuse pop kawaï pour 15 750 malheureux yens (un peu moins de 100€) et de lui faire chanter ce qu’on veut. Le pire, c’est que le résultat est assez bluffant et choubi tout plein (en fait non, le pire pour nous autres hommes de cro-magnon technologiques du vieux monde, c’est la mention « We're sorry; this item can not be shipped outside Japan », va encore falloir jouer fino pour se procurer ce genre de jouet pour otak’). « La machine ne remplacera jamais l’humain ! » hurlent certains. Bientôt ces mêmes machines, pour l’instant douées d’une perfection stériles, seront programmées pour reproduire spontanément les fautes qu’elles étaient un premier temps sensées corriger et l’homme n’aura même plus son imperfection pour le distinguer. Rassurons un peu en ne craignant pas le déluge, aujourd’hui cela se réduit à un gadget sexy pour geek mélomanes et autres hikikomori qui y trouveront un réjouissant joujou technologique pour les premiers et un ingrédient de plus à la femme parfaite pour les seconds. Pas étonnant d’ailleurs que les voix synthétisées soient pour l’instant féminines et revètent l'apparence d'héroines de manga.
Et sans cynisme aucun (pas la peine d'y voir, enfin, la mort de la pop star), je suis carrément enthousiaste quand à ce genre de choses.


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Straw dogs de Sam Peckinpah


Nous voilà donc enfin au vrai sujet du post (celui pourquoi je l’ai écris et auquel se sont greffé tout plein de trucs avec aucun rapport), le Festival des films qu'on ne peut plus faire, organisé du 5 au 7 octobre au très fréquentable cinéma des cinéastes (à coté de place Clichy à Paris). Tout est expliqué sur leur site, mais comme c’est pas facilement lisible je vous remets tout (ou presque) ici :

Vendredi 5 octobre
19h45 : Hiroshima mon amour d’Alain Resnais, suivi d’un débat sur « l’enjeu du réalisateur »

Samedi 6 octobre
13h30 : Delicatessen de Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet, suivi d’un débat sur « le premier film »
17h : Thérèse d’Alain Cavalier, suivi d’un débat sur « la distribution et l’exploitation »
20h30 : Salo ou les 120 journées de Sodome de Pier Paolo Pasolini, suivi d’un débat sur « la censure »

Dimanche 7 octobre
11h : La grande bouffe de Marco Ferreri, suivi d’un débat sur « l’écriture politique »
15h10 : Happiness de Todd Solondz, suivi d’un débat sur « l’auto-censure, le politiquement incorrect et son financement »
19h10 : Tess de Roman Polanski, suivi d’un débat sur « la prise de risque du producteur »

Tarif plein 7 €, tarif réduit 5,50 €, Pass 7 entrées 35 € (non nominatif), Pass 3 entrées 15 € (non nominatif)
Autres informations (résumés des films, participants aux débats et cie) sur le site du cinéma des cinéastes


Bon, on l’aura vu, le nom du festival est surtout un jeu de provoc un peu facile. Je suis ce genre de personne qui pensent qu’il n’y a pas de film impossibles à faire, juste des films difficiles à faire. Alors c’est vrai il y a des périodes plus fastes que d’autres, mais ne me dites pas que les films présentés ici furent faciles à financer. Mais qu’importe, les débats en fin de projection devraient apporter un peu de nuance à tout ça, et c’est à vrai dire ce qui retiendra le plus mon intérêt – au delà de la programmation en elle même, qui pour ce que j’en ai vu ne fait pas de faute de goût, sauf peut-être Delicatessen, dont je suis quelque part convaincu qu’il serait plus facile à monter de nos jours. En particulier celui sur la distribution et l’exploitation, LE centre nerveux de tous les problèmes du cinéma. Ceux sur l’auto-censure et le risque du producteur soulèvent aussi des questions intéressantes.
Quand aux films, la plupart sont des classiques et/ou connus, mais je vous conseille fortement de jeter un oeil sur Happiness, car de toute façon Todd Solondz c’est le bien.

Publié dans Le mic-mac d'Epikt

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:0095: Maître Po 20/11/2007 22:59

Comme tietie007, j'adore Les chiens de paille. Mais je n'ai pas bien compris ce que vient faire la photo dans l'article ;-)Quant à Jeon Do-Yeon, c'est le nom qui est inscrit sur les dvd de The grudge et The grudge 2, je suppose qu'elle joue donc dedans ;-Þ(PS : y a un jeu qui justifie à lui seul l'achat de la WII ?)

Epikt 20/11/2007 23:25

Disons que Les chiens de paille, je l'avais un peu en tête quand j'écrivais ça, et que c'est aussi pour moi un bel exemple de film radical. Mais en effet, c'est pas l'icono la plus pertinente que j'ai utilisée ! Pour Jeon Do-Yeon, t'es sur de ton coup ? Car elle joue pas dans The Grudge (qui est soit un film japonais soit un film américain, alors qu'elle est coréenne). Je parle de cette actrice.(pour la Wii, aucune idée, le Metroid me tente bien faut dire)

MAYDRICK 04/11/2007 15:20

Ah !!!! HAPPINESS !!! C'est le dernier grand film comique que le cinéma nous ait donné !

Tietie007 20/10/2007 16:10

J'adore Chiens de paille de Peckinpah ...un film t

Epikt 20/10/2007 16:38

tournoyant ? tellurique ? tuberculeux ? triangulaire ? tzigane ? troué ? tabagique ? téléguidé ? trotskiste ? turgescent ? trisyllabique ?

Gilles 03/10/2007 10:13

Bah c'est pas déjà le cas ?

Gilles 01/10/2007 12:21

Intéressant, ce petit festival. Dommage que je parte en Corée mercredi :pPour Vocaloid, malgré le son qu'on sent légèrement synthétisé, c'est vrai que c'est de très bonne qualité pour de l'artificiel. Je préférerais savoir que c'est des ordinateur qui font cette pop de merde plutôt que de vrais être humains :D

Epikt 01/10/2007 12:40

Voué mais toi tu vas au festival de Busan, donc non je ne te plaindrai pas ! :D(profite-en avant que les films de merde ne soient réalisés par des robots !)