[Epikt a testé pour vous] vol.2 : Festival Kinotayo du film japonais contemporain à l’ère numérique

Publié le par Epikt

Kinotayo.jpgJe suis d’accord avec vous, c’est un nom très ronflant. Mais quand on a l’occasion de voir du cinoche japonais récent en France, je dis pas non. Donc je me mets en quatre pour vous, et je m’improvise envoyé spécial embarqué, bravant fièrement les grèves de la RATP pour vous faire vivre cet événement de foliiiie comme si vous y étiez.
J’avoue qu’au début je pensais ne chroniquer que six films (soit un par jour, ce qui est déjà beaucoup), mais à force de « oué mais ça il parait que c’est bien » j’ai un peu étendu mon planning, neuf chroniques finalement. Parmi les films non chroniqués, le chef d’oeuvre de Hiroyuki Okiura, Jin-Roh (présenté lors d’une projection « hommage », heureusement car ni très récent ni très numérique), que je vous encourage néanmoins à voir si cela n’est pas déjà fait. Les deux films de la sélection que je n’ai pas vu (Hanging garden et Story of detective 5) n’ayant pas l’air de casser des briques (même si le second doit être rigolo) je ne dois pas avoir perdu grand chose. Par contre Pressentiment d’amour de Masashiro Kobayashi, présenté en séance de clôture, était prometteur. Mais pourquoi ne le programmer que pour une unique séance, fermée au public qui plus est ? L’année prochaine messieurs les organisateurs lorsque vous vous faites chier à faire venir un type du Japon, faite en sorte que les gens puissent voir son film, et pas seulement des officiels qui de toute façon y comprennent que dalle au cinéma.
Sinon, l’initiative est louable et la sélection est dans l’ensemble assez bonne. Je saluerai en passant l’initiative de faire sous-titrer tous les films en français (même si personnellement le sous-titrage anglais ne me dérange pas vraiment), de faire venir pratiquement tous les réalisateurs et surtout de faire circuler les films en province (Marseille, Lyon, Biarritz) même si visiblement tous les films ne sont pas logés à la même enseigne. A noter aussi que Kinotayo édite en DVD certains films projetés lors du festival, ce qui est très bien, et j’espère qu’ils vont suivre mes conseils éclairés.
Pour le reste, que serait un festival sans prix, ceux de Kinotayo s’appellent les Soleils d’or (peut-on espérer un monde où les prix auront des noms moins tartes ?) et sont décernés par le public (à qui on remet des petits bulletins très rigolos), un pour un jeune réalisateur et l’autre pour un réalisateur confirmé. Enfin, c’est ce que j’ai cru comprendre au début, mais dans le palmarès il y a Soleils d’or et prix du public, je suis tout perdu. Mais passons. Sont donc sacrés How to become myself de Jun Ishikawa (Soleil d’or du meilleur film) et Yokohama Mary de Takayuki Nakamura (Soleil d’or du meilleur premier film). Le prix du public revient à Strawberry Shortcakes et Aria. Plutôt en accord avec ce palmarès pour ma part, comme vous vous en rendrez compte au fil des chroniques, même si y reste une petite part de frustration (traduire : dedans y a une atrocité, malheureusement prévisible).


jin-roh.jpgJin-Roh de Hiroyuki Okiura
(ni récent ni numérique, mais bon quand même)


De mon coté, un festival globalement satisfaisant. On a toujours droit à des films un peu chiants, mais quasiment rien de honteux. Et quelques jolies surprises. Comme je n’aime pas le suspense, voici mon palmarès perso. Deux premiers films (comme quoi le cinéma japonais ça bouge et que si on veux pas récompenser les vieux c’est notre choix), tout d’abord le très beau et abstrait Life can be so wonderful de Osamu Minorikawa, puis le documentaire de Takayuki Nakamura Yokohama Mary, film qui m’a ému au point que j’en oublie de rallumer mon portable en fin de séance (ce qui est un critère d’appréciation comme un autre). Pour ce que j’ai pu en voir lors des projections, si le public a visiblement adhéré au second, l’accueil réservé au premier m’a semblé bien froid, quelque part ça fait mal au coeur.
Les autres films, vous verrez bien dans les jours qui suivent, première mise à jour demain, puis une tous les deux jours, comme d’habitude.



Programme :

Site officiel : http://www.kinotayo.fr/

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