Lire l’épisode précédent

Ce numéro des Films de l’Ailleurs et du
Pas-tout-de-Suite de la rentrée – le premier depuis de longs mois – sera, actualité oblige, consacré exclusivement aux films projetés lors de la rétrospective consacrée au studio Shochiku par la
Maison de la Culture du Japon à Paris du 9 septembre au 4 octobre 2008 ; deuxième d’une série de quatre, après celle de l’année dernière consacrée à la Nikkatsu.
Une rétrospective dont rien que le programme avait suffit à provoquer la déception de certains, et pour cause une programmation trop peu ambitieuse quasiment dépourvue d’inédits. En espérant que
les prochaines rétros (Toei et Toho donc) fassent preuve de plus d’audace et d’esprit de découverte, en espérant aussi que les gens se déplacent pour aller voir les films et que les médias s’y
intéressent un peu, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas. Qu’à cela ne tienne, l’équipe de choc du
Glop ? ou Pas Glop ? y était (de temps en temps).
Et d’un certain coté, mis à part le fait que le « rôle » de ce genre d’événement n’est pas forcément de proposer des films déjà vus cinquante fois et disponibles en DVD, cette programmation
convenue n’est pas une mauvaise chose : pour moi qui, c’est bien connu, ne connais pas mes classiques et vois là l’occasion de se motiver à les voir (imaginez-moi devant les bacs de DVD « Tiens !
Un Ozu, ça sera une bonne idée ça, t’as un blog de cinéma japonais et t’en as jamais vu de ta vie, ça la fout mal quand même... Oooh ! Un film avec une limace tueuse ! Y me le foooooo ! ») mais
aussi pour toi ami lecteur qui ne regrettera pas de ne pas être parisien et retraité/chômeur puisque si ça te fait envie tu pourras te les procurer (la plupart en tout cas) à ton Prisunic préféré
en bas de chez toi !
Fleur pâle
Tout d’abord un petit mot rapide du très joli
Fleur pâle (
Masahiro Shinoda, 1964), pas forcément frais dans mes souvenirs (j'avoue, je l'ai vu fin août, je crois) mais très joli.
L’histoire d’un yakuza qui sort de prison et qui fait la rencontre d’une jeune fille dans une salle de jeu clandestine. Le genre de fille qu’on rencontre que dans les films d’ailleurs, c’est pas
possible autrement. Enfin bref... j’avoue mon peu d’attirance pour les films de yakuza mais celui là est très chouette. Sans doute parce qu’il n’y est pas vraiment question de gang et autres, et
qu’il s’agit surtout de leur histoire à eux deux, de la manière qu’à la fille de flamber son argent et d’enflammer les coeurs. Et tout à fait entre nous,
Mariko Kaga est une demoiselle
absolument ravissante. Mais à part ce genre de petits dérèglements hormonaux, ce qui est beau dans le film se sont surtout les scènes de jeu, où rien qu’avec le montage (et le son),
Shinoda
fait des choses sublimes.
On poursuit en douceur, avec deux films de la fin des années 30 où étrangement on retrouve un même thème, des mères pour qui leurs enfants sont toute leur vie, un thème qui pour être tout à fait
honnête m’agace un peu beaucoup. Mais je suis un grand garçon, je fais avec.
La Femme de la brume (
Heinosuke Gosho, 1936) conte l’histoire bien compliquée de ce couple de commerçants sans enfants dont l’homme va assumer la grossesse de son ex-maîtresse, tout
ça pour couvrir son neveu (le véritable papa donc) auprès de sa mère (la soeur de l’oncle donc) qui ne se remettrait pas que son fils chérie en qui elle place tant d’espoir engrosse une hôtesse de
bar de quinze ans son aînée. Un film assez rigolo donc et qui se laisse bien suivre. Par contre – et là je sais pas si c’est moi qui fume des choses pas nettes – sur le début du film le montage m’a
semblé bien particulier, plein de sautes d’axe notamment – ce qui en fait n’est pas du tout un reproche, vous savez que
j’adore
les faux raccords, d’autant plus qu’à l’époque la grammaire cinématographique devait être moins figée qu’à l’époque. Mais dès que j’essaye d’y faire plus attentivement attention, voilà que hop
y a plus de sautes d’axe... peut-être ai-je simplement été abusé par un montage parfois foisonnant. Par contre, oh mon dieu qu’est-ce que ce film est dialogué ! On aimerait bien qu’ils se taisent
un peu est que la caméra prenne un peu de liberté par rapport aux lignes de texte.
Du coup j’ai préféré
Coeur enchaîné (
Hiroshi Shimizu, 1937) vu le même jour. Encore une hôtesse de bar, mais cette fois c’est elle la maman poule. Justement, si son fils l’aime
beaucoup et est très fier que sa maman soit jeune, gentille et jolie, il commence à ne plus assumer son métier depuis que ses amis refusent de jouer avec le fils d’une femme « légère ». Classique,
mais sympa.
Coeur enchaîné est beaucoup plus typé « film de studio » – comprendre par là entre autres que les décors pètent à la gueule du spectateur, trop souvent sous le même angle de
prise vue qui plus est – que pouvait l’être
La femme de la brume, mais il est aussi mieux mis en scène, léché d’une manière parfois un peu figée mais pas désagréable. Et surtout il sait se
ménager quelques séquences non dialoguées, et ça ça fait du bien !
On m’en avait déjà dit le plus grand bien et je confirme,
Le Samouraï du crépuscule (
Koji Yamada, 2002) c’est très bien. Assez étonnant aussi. Car si dans la mise en scène,
contrairement à bon nombre de films historiques ou
chambara récents qui ont tendance à dépoter un peu plus, le film de
Koji Yamada est très old-school et pourrait même presque passer pour un film des 60s, son sujet et le traitement qu’il en fait me semble tout à fait singulier. Enfin... peut-être présume-je
de ma connaissance du jidai-geki qui a sans doute déjà abordé ce genre de thème. Après tout
Les sept Samouraïs de
Akira Kurosawa, sans doute le plus emblématique et le plus connu
d’entre tous a déjà pour héros des samouraïs pauvres.
Mais je me dis quand même que le film de
Yamada a une patte spéciale. Situé (encore une fois !) quelques années avant la restauration Meiji et la « fin des samouraïs » il délaisse pourtant
le propos historique (plus ou moins métaphorique) de fin de caste et d’occidentalisation pour en quelque sorte un glissement du samouraï vers le paysan. Un glissement qui n’a rien d’une déchéance
(même si les temps sont durs que notre samouraï fait parfois pâle figure), le héros étant plein de modestie et dépourvu d’ambition autre que tranquillement voir ses filles grandir. Il y a également
une touche réaliste qui va à l’encontre des grandes fresques et de la grande Histoire (ce qui n’est pas pour me déplaire), comme de l’action à tout crin.
Et si on passe sur la petite faute de goût qu’est de faire raconter le film en voix-off par sa fille (superflu, légèrement larmoyant aussi peut-être) et sur le temps que le film met à se mettre en
place (ce qui n’est jamais un défaut),
Le Samouraï du crépuscule est plutôt beau. C’est cadré sans fioritures, très sobre même, mais avec élégance, idem du montage loin d’être expérimental
mais fluide et maîtrisé. Il y a en fait dans tout cela une simplicité et une sérénité qui siéent parfaitement au personnage, même si celui-ci présentera par la suite des failles.
Et que les fans se rassurent (façon de parler), il y a quand même un duel au sabre. Mais déjouant les attentes et parfaitement inattendu dans son traitement, et pour tout dire absolument
magnifique. Va falloir que je jette un oeil aux autres films de samouraï du réalisateur (
La servante et le samouraï et
Love and Honor), qui forment apparemment une trilogie avec
ce
Samouraï du crépuscule.
Le samouraï du
crépuscule
Je serais plus bref sur
Choeur de Tokyo (
Yasujiro Ozu, 1931) car en toute franchise y a rien de spécial à voir.
Ozu il parait que ça roxe, alors pourquoi ce film anecdotique
? Parce qu’en fait je pensais commettre un énorme blasphème mais on m’a affirmé qu’en effet on était loin des meilleurs films du réalisateur.
Mais revenons au film, on y voit un type se faire renvoyer pour avoir protester suite au licenciement d’un de ses collègues et aider son ancien professeur à ouvrir son petit restaurant. Et pour y
aller rapidement si on excepte les quelques passages comiques pas mal foutus (on est quand même loin de la finesse et du rythme d’un
Chaplin) le film n’accroche pas, d’un coté trop léger de
l’autre pas assez drôle, et mis en scène de manière très classique. En fait il est bien possible qu’on titille là mon peu d’affinité avec le cinéma muet (enfin... « non sonore »).
Retour au cinéma récent avec
Le Visage (
Junji Sakamoto, 2000), qui suit la cavale d’une fille un peu pataude et pour tout dire par forcément finaude recherchée par la police pour
avoir tué sa soeur et être partie avec les dons de la cérémonie funéraire de sa mère récemment décédée (oui, c’est glauque), tout ça dans le but de retrouver son père qui s’est tiré quand elle
avait dix ans. Elle ne trouvera finalement pas son père et va donc bourlinguer d’ici et de là. Pour une raison ou une autre
Le visage m’a rappelé le très chouette
Memories of Matsuko... enfin, surtout dans ses thèmes car il lui manque justement tout ce qui faisait de
Memories of
Matsuko un bon film : son point de vue unique et sa mise en scène survoltée. Alors même si
Le Visage n’est pas forcément une catastrophe il est surtout sans grande saveur. Ralala,
quelle plaie ces films pas forcément mauvais mais qui ne nous touchent pas une seconde et qu’on aura oublié dans trois jours !
On continue notre yoyo temporel avec
Yae, notre petite voisine (
Yasujiro Shimazu, 1934), ma foi une bonne surprise. En quelque sorte, c’est une sitcom : on a deux maisons qui se
font face, les premiers ont deux fils, les seconds deux filles et tout le monde fait partie des meuble chez le voisin d’en face. La situation se dérègle quand la fille aînée du second couple rentre
chez ses parents après avoir quitté son mari, et commence à faire de l’ombre à sa cadette (la Yae du titre) dans sa conquête du coeur du fils aîné d’en face (forcément).
En fait mon impression (terriblement anachronique) de sitcom ne vient pas tellement de la configuration « de voisinage » de l’intrique, typique de ce genre de séries, mais plutôt de quelques scènes
de comédie (qu’on pourrait vaguement qualifier « de situation »). Des scènes très bien menées d’ailleurs, les éléments s’enchaînant avec vigueur, comme dans celle où après avoir renversé
successivement plusieurs plats et avoir vainement tenté de camoufler sa maladresse (le film joue d’ailleurs beaucoup sur la gaucherie des personnages, dans la première partie du moins) le jeune
homme se fait moquer de lui parce que ses chaussettes ont des trous puis, une fois ses chaussettes enlevées pour être reprisées, parce que ses pieds sont sales, enfin parce que ses chaussettes
puent ! Ou celle de la sortie au cinéma qui tourne au calvaire pour la pauvre Yae alors qu’elle l’imaginait si romantique.
On a donc affaire à un film plutôt léger (malgré une tonalité plus grave parfois introduite par la soeur ainée) et dans l’ensemble très plaisant, même si on est pas forcément en présence d’un
chef-d’oeuvre. Reste qu’à défaut d’être magistralement mis en scène le film est bien écrit (ses dialogues à proprement parler, mais également ses actions dans leur ensemble) et rythmé, ce qui pour
le coup suffit à la bonne humeur du cinéphile.
Entre temps, je ne pouvais pas faire l’impasse sur
Tora-san, série hyper populaire produite par le studio à partir des années 70 et qui avec une petite cinquantaine de films au compteur
est une des plus grandes séries cinématographique au monde (c’était la minute « dossier de presse »).
J’ai donc commencé par
C’est dur d’être un homme (
Yoji Yamada,1969) qui est sauf si je dis une bêtise est le premier de la série. Torajiro (appelé Tora) est un vagabond, un peu
yakuza sur les bords à ce qu’il parait, qui revient dans sa famille (son oncle, sa tante et sa petite soeur) après de nombreuses années d’absence. Et le problème c’est que le père Tora il tient pas
en place, il se mêle de tout (du mariage de sa soeur entre autres) avec des résultats qui laissent songeur et finalement crée plus d’ennuis qu’il ne résout de problèmes. Mais il a un coeur gros
comme ça, donc on l’aime bien quand même.
C’est pas de la grande mise en scène (bien loin du
Samouraï du crépuscule, certes réalisé trente ans plus tard, du même réal)(à ce sujet et quitte à faire un petit HS, je suis impressionné
par la filmographie de
Yamada, quasiment intégralement consacrée à
Tora-san pendant vingt-cinq ans !) mais ça se regarde. Le film étant surtout affaire de dialogues croustillants,
alliés à l’entrain de
Kiyoshi Atsumi dans le rôle titre. Un film bien drôle donc, en savant être émouvant de temps à autre.
Comme je ne crains rien j’ai enchaîné avec
Lointain pays natal (
Yoji Yamada,1970). Dans ce film Tora se lance dans le projet fou d’être une personne normale avec un boulot honnête
(avec de la sueur et du cambouis, sinon c’est pas du jeu) et va atterrir chez une marchande de Tofu. Il aurait même pu accéder à son rêve de vie normale si la fille de sa patronne dont il est
amoureux n’avait pas décidé de se marier avec un autre. C’est d’ailleurs une chose qu’on avait déjà dans le premier (sauf que ce n’était pas à ce point central) et il semble que cela constitue un
des ressorts inépuisables de la série pour constamment relancer ce brave Tora-san sur les routes.
Quoi qu’il en soit,
Tora-san c’est bien rigolo. On s’en farcirait pas dix à la suite, mais un de temps en temps ça doit le faire.
On reste dans le léger avec
La Saison des mauvaises femmes (
Minoru Shibuya, 1958), une comédie du genre assez anecdotique. L’argument est aussi classique que propice à des
situations cocasses, le patriarche est un gros radin pété de thunes avec une grosse assurance vie et un coffre rempli de diamants, mais du genre increvable qui vivra jusqu’à cent ans et enterrera
ses enfants tellement il pète le feu, et que tout le monde veut tuer et/ou extorquer : sa femme, ex-geisha qui avait épousé un vieux dans l’espoir d’hériter plus vite, la fille de sa femme qui veut
sa part du magot avant de foutre le camp pour de bon avec sa nouvelle bagnole, le neveu du vieux qui veut récupérer la fortune qui fut à son père, l’ex de la femme qui se fait embarquer la dedans,
un tueur embauché par ce dernier qui essaye de doubler tout le monde,... Bon, voilà quoi. C’est parfois marrant, mais c’est bien loin de casser des briques.
Contes des chrysanthèmes
tardifs
Pour finir, après une série de films au mieux sympatoches, enfin un joli morceau !
Contes des chrysanthèmes tardifs (
Kenji Mizoguchi, 1939) – très beau titre – donc, que vous vous
demandez sans doute probablement comment ça se fait que je ne l’avais toujours pas vu. Mais c’est bien sous-estimer mon ignorance et mon peu d’entrain à cultiver mes classiques (et j’assume).
C’est donc l’histoire, tragique et tout, d’un acteur de théâtre, héritier d’une grande famille d’acteurs donc adulé et flatté comme il sied à son rang, sauf qu’il est très mauvais. Naïf, le
bonhomme fini par tomber fou amoureux de la nourrisse de son neveu, la première à lui avoir avoué qu’il joue comme une savate et que les autres jasent derrière son dos. Quand à la fille, elle lui
promet de l’aider à devenir un grand acteur (en passant, ces histoires de femmes totalement dévouées à leur mari ça commence à me gonfler un tantinet, mais passons). Malheureusement la famille du
bonhomme apprend leur liaison pourtant tout ce qui a de plus platonique, s’inquiète de la rumeur et donc donne son congé à la nourrisse et la renvoie dans sa famille. Le jeune homme claque alors la
porte et s’en va devenir un grand acteur loin du prestigieux théâtre familial.
Récit initiatique et grand amour impossible et tout le tralala.
Premier constat quand même, c’est joli. Les cadres sont beaux, composés avec soin, les mouvements de caméra amples et élégants. Ça reste toutefois un peu fixe quand même, surtout sur la partie
centrale, fonctionnant pour beaucoup dans une logique de tableau, une scène étant filmée en plan séquence le plus souvent fixe, cadré en pied ou demi ensemble. Alors c’est certain, mieux vaut un
joli tableau bien foutu qu’un découpage sans rythme et sans surprise. Mais le problème c’est que, ne bougeant rarement la caméra dans ces scènes, ces dernières restent figées dans un état souvent
neutre.
Là où la mise en scène de
Mizoguchi est étrange, c’est que – lui qui filme les scènes de vie quotidienne en plan fixe de demi ensemble comme sur une scène – il découpe énormément (enfin,
tout est relatif) les scènes de théâtre. Celles-ci sont d’ailleurs très belles. Non seulement il coupe et il monte, montrant les spectateurs et les coulisses, jusqu’à parfois procéder en narration
alternée (ce qu’il fait nulle part ailleurs dans le métrage), mais il joue également sur la valeur des plans (encore une fois ce qui n’arrive pas ailleurs)(il faudrait vérifier, mais j’ai par
exemple l’impression qu’à part lors des scènes de théâtre il n’y a pas un seul gros plan du film), sur les changements d’angle de prise de vue, sur la musique également. En résulte des scènes
vraiment rythmées, surtout comparées au déroulé bien patapouf du reste du film, à se demander s’il n’y a pas plus de vie dans le théâtre que dans la « vraie vie » (et alors la femme, en
l’encourageant à jouer sans se soucier d’elle, doit avoir raison quelque part).
Cela dit, je ne voudrais pas avoir l’air de dénigrer les deux heures de film qui ne mettent pas en scène le théâtre, hein. Comme je l’ai déjà fait remarquer, c’est très élégant et maîtrisé. Et
j’aime particulièrement la manière dont il effectue la transition entre deux tableaux par des mouvements de caméra très fluides (longs travellings le plus souvent), ne rompant pas le plan séquence.
En fait c’est sans doute quand je vois avec quelle maîtrise il bouge sa caméra que je regrette qu’il ne le fasse pas plus souvent.
Enfin, je ne suis pas allé le revoir mais je rappelle aux nouveaux lecteurs et aux distraits qu’il y a quelques mois j’avais déjà parlé des
Derniers samouraïs (
Kenji Misumi, 1974).
Etaient également programmés :
La Vengeance d’un acteur (
Teinosuke Kinugasa, 1935)
Courant chaud (
Kozaburo Yoshimura, 1939)
Il était un père (
Yasujiro Ozu, 1942)
Quel est ton nom ? (
Hideo Oba, 1953)
Vingt-quatre prunelles (
Keisuke Kinoshita, 1954)
La Rivière noire (
Masaki Kobayashi, 1957)
Contes cruels de la jeunesse (
Nagisa Oshima, 1960)
Le Sang séché (
Kiju Yoshida, 1960)
Kyoto (
Noboru Nakamura, 1963)
Tora-san : La Fleur du souvenir (
Yoji Yamada, 1973)
Le Vase de sable (
Yoshitaro Nomura, 1974)