[Moué] Isolation – Billy O’Brien

Publié le par Epikt


En tant que grand amateur de cinoche extrême et sanguinolant je ne sais pas si je dois me réjouir de la déferlante actuelle de « films d’horreur et « gore » » (notez les doubles guillemets). Presque pas une semaine sans que ne sorte un film affilié à l’horreur ou à l’épouvante (récemment le remake de The omen, Reeker, Horribilis ou encore Silent Hill, sans compter La colline a des yeux la semaine prochaine), c’en est presque l’invasion.
Au milieu de tout ça, des films pour ados prépubères (Destination finale 3), d’autres qui n’ont d’horreur que le nom et font plutôt office de thrillers (Saw), des soi-disant chefs-d’oeuvre en vérité merdiques (The descent, Hostel), des films desquels on sait quoi s’attendre mais qui ont le bon goût de ne pas péter plus haut que leur cul (Reeker), sans compter des remakes dont la seule existence est une insulte à l’original (ne serait-ce qu’oser penser à remaker Texas chainsaw massacre est un blasphème). Restent quand même quelques raisons d’espérer, comme la magistrale adaptation de Silent Hill par Christophe Gans.
Mais il faut croire que je suis obstiné et il faut toujours que j’espère. Quoi qu’il en soit, Isolation, Grand prix et Prix de la critique au dernier festival de Gérardmer, avait de quoi donner envie.

Caramba, encore raté.

Pourtant, ça sentait bon. D’ailleurs, il semble que dans le genre le « made in Europa » soit avec raison plus réputé que l’importation transatlantique. Et d’ailleurs ça part plutôt bien, appuyant d’emblée ce qui sera le point fort du film : son ambiance. Glauque, poisseuse et crade. De la boue, de la flotte, du sang, tout ce qu’on aime. Isolation tire particulièrement bien parti d’un background rural brut de décoffrage, un peu à la manière d’un Calvaire (mais sans les caricaturaux paysans psychopathes).
Malheureusement le film est malheureusement bien trop classique et n’apporte aucune touche personnelle. Isolation, tout honnête que soit le résultat, n’apporte rien au moulin de l’horreur et peine à se sortir la tête du fumier et à se distinguer de la masse suscitée. Seul un « monstre » plutôt bien foutu quand même, une sorte de veau transgénique dégénéré qui a ma foi plutôt une bonne gueule – on dirait parfois presque du Cronenberg (presque) – pourrait jouer en sa faveur. De plus, les jeux de cache-cache entre la bête aux moeurs vicieuses et les différents personnages sont bien rendus et plus d'une fois prenantes.
Mais deux choses – des erreurs de débutant en plus – viennent irrémédiablement plomber le film. En premier lieu l’utilisation des grosses ficelles qui tachent, celles qui font que, on ne sait pourquoi, les personnages passent leur temps à se mettre dans des situations difficiles par des comportements quasi suicidaires (genre aller faire un tour en tracteur dans une fosse à purin dans laquelle se trouverait la méchante bébête). Et surtout une mise en scène des plus illisibles où abondent les gros plans et les cadres qui tremblent, si bien que le spectateur ne cesse de se demander « bon dieu mais qu’est ce qui se passe dans cette foutue scène où c’est tout noir que ça bouge dans tous les sens et qu’on voit la moitié de la gueule du bonhomme ??? ».
So what ? Un film sympa, bien glauque mais finalement sans surprise. Avec des bonnes idées mais malheureusement salopé. See you next time Mr O’brien !





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Titre : Isolation
Réalisateur : Benny O'Brien
Avec : John Lynch, Essie Davis, Ruth Negga,...
Pays : UK, Irlande
Année : 2006
Durée : 1h34
En salles actuellement (sorti le 7 juin 2006)
 

Publié dans Moué

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Maniak 28/06/2006 15:47

oh! Epikt à un blog! j'avais même po vu!
sinon faut pas écouter ce qu'il dit, Isolation ça tue!

Epikt 28/06/2006 21:14

Coucou Maniak !Et voui, Epikt a un blog !Pour Isolation, moué, quand ensuite je me suis fait La colline a des yeux, j'ai tout de suite relativisé, j'ai su à quoi me servait le "pas glop" (j'ai même regretté de ne pas avoir un "pas du tout glop").Puis j'ai regardé Fragile (de Balaguero), et j'ai compris ce qu'était un film d'horreur.

laurent 20/06/2006 15:12

salut glop glop ^^
désolé de faire du hors sujet mais tu connais Murakami? un auteur japonais..;bon atta je vais fouiller bizzzz

Epikt 20/06/2006 16:27

re coucou Laurent !A propos de Murakami (enfin, des Murakami parce que j'en connais au moins deux), je t'ai répondu suite à ton commentaire à Bzjeurd.Mais bon, ça me donne l'occasion de rajouter quelque chose à laquelle je n'ai pas pensé hier, c'est que Murakami Ryu est non seulement écrivain mais aussi cinéaste. Pour ce que j'ai vu, c'est pas vraiment super, largement inférieur à ce qu'il peut faire en littérature. Tokyo decadence est sympatoche et assez zarb (si ça te tente, il est régulièrement soldé sur CDiscount), par contre Raffles hotel est vraiment mais vraiment chiant (pour te dire, j'ai tenté deux fois de le regarder et j'ai jamais tenu jusqu'au bout).