[Pas Glop] Slevin - Paul McGuigan

Publié le par Epikt


Vous pouvez en toute légitimité vous poser la question « mais pourquoi bon sang est-il allé voir ce film alors qu’il savait que ça allait être mauvais ? ». Oui oui, vous pouvez. Je vais même vous répondre, j’ai même presque pas honte : c’est parce qu’il y a Lucy Liu au casting (voilà comme ça c'est fait, j'ai perdu le peu de crédibilité que j'avais). J’y peux rien, les yeux de Lucy Liu c’est un peu comme Godzilla, ça éveille plein de choses en moi, ça me titille, ça m’excite, ça fait boom boom partout partout (faut bien ça pour supporter Charlie’s angels 2). Donc voilà, j’ai vu Lucy Liu et ses yeux ; elle est même en jupe plissée et ça c’est le bonheur.
Quoi ? Comment ça le film ?

Ah oui le film.
C’est l’histoire d’un type, Slevin, qui débarque à New-York et est direct embarqué dans une suite de quiproquos, tout le monde le prenant pour celui dont il squatte l’appartement. Le problème, c’est que ce type doit un max de blé aux deux caïds du coin et que c’est donc Slevin qui doit raquer. En l’échange de l’effacement de sa dette, l’un des deux, le Boss, l’engage pour tuer le fils de son rival, le Rabbin. Bien entendu les flics sont de la partie et il parait qu’un mystérieux tueur est réapparu en ville. Ah oui, aussi, il y a sa voisine de palier hystérique (et oui, Lucy Liu) qui se mêle de tout ça.

Bon, on est totalement dans cette vague de films américains branchouilles avec une narration en flash-back multiples, intrigue méga capillotractée, mise en scène tape à l’oeil et dialogues absurdes et second degré. Rien de bien original, surtout qu’on a vraiment l’impression de jouer à Paul McGuigan qui copie Guy Ritchie qui copie Quentin Tarantino. Pas que ça soit désagréable, ça se laisse même plutôt regarder mais bon, un peu de renouvellement dans le genre serait le bienvenu.
Très regrettable aussi que ce genre de films, s’ils partent souvent plein pot, s’essoufflent toujours arrivés à mi-parcours, allons savoir pourquoi. Slevin n’échappe pas à la règle, mais ce n’est pas ce que je lui reprocherais le plus. Mais plutôt de nous ponctuer son final de coups de théâtre bien poussifs alors expliqués en long, en large et en travers en prenant le spectateur pour un attardé mental, et avec un vague sourire en coin qui dit « tu t’y attendais pas hein ? c’est normal, y avait aucun élément te permettant de le prévoir, et ça mon petit gars ça s’appelle se faire enculer à sec par un scénariste sans imagination ! ».
En passant, si, on s’y attend, c’est finalement tellement ancré dans les codes du genre que c’en devient extrêmement prévisible.

J’y suis allé pour Lucy Liu, j’ai eu Lucy Liu.
J’ai pas eu le reste par contre, faut croire qu’il y a pas de reste.





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Titre : Slevin
Titre original : Lucky number Slevin
Réalisateur : Paul McGuigan
Avec Josh Hartnett, Bruce Willis, Lucy Liu, Morgan Freeman,...
En salles actuellement (sorti le 28 juin 2006)
 

Publié dans Pas Glop

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Le chevalier du 38 07/07/2006 16:50

Merci pour ta longue et très complète réponse  à laquelle j'adhère complètement (enfin presque complètement).
Tu as écrit merveilleusement:
"il y a deux méthodes : suivre un réalisateur ou suivre un acteur. Le premier cas est intéressant car il montre souvent un tout cohérent et en évolution."
  j'ai suivi Lelouch.........et.......... heu......EN EVOLUTION n'est pas hélas vrai.........ces 3 derniers films sont très mauvais, et sans évolution hélas.....snifff.....mais il en a fait tant de bons..........
 Zut, il est l'heure de te quitter, j'ai un livre à acheter sur......... les ... (non pas les chateaux) ......... sentiers VTT en Auvergne...... Bonne vacances, et à dans 2 mois (après c'est moi qui pars)............ Merci pour la qualité de ton site

Epikt 07/07/2006 19:25

Bah non, merci à toi et à ceux qui le lisent !

Le chevalier du 38 06/07/2006 09:31

Coucou, ho toi, la visonneuse de "flimes"..... J'ai toujours plaisir à lire tes articles meme si parfois ta vision est différente d'un rustre chevalier de l'an mil.
Je suis d'accord, Slévin n'est pas un chef d'oeuvre , ce n'est pas un Tarantino..... mais, je ne me suis pas ennuyé. Il est vrai que les surprises sont rares, mais chacun joue à sa juste valeur, sans exces... As tu remarqué que si on va voir un film pour "un acteur" ou une actrice (come tu l'as fait), le film parait terne souvent ?..... est ce parceque l'on a les yeux de Chimène etc... ?............. Vite, j'attend ton prochain article....j'attends............ viteeeeeeeeee (hihihi, je te mets la pression !)

Epikt 06/07/2006 12:19

Coucou Chevalier !C'est gentil tout plein !Même si t'es pas d'accord, c'est pas un problème ; au contraire, c'est chouette.Quand à voir un film pour un acteur (actrice), c'est vrai que c'est casse-gueule. Car souvent la vision du film est portée par le réalisateur et/ou le producteur, pas par l'acteur.Mais pas obligé. Je suis pour ma part ultra-méga-supra-fan de Bae Doo-na (je lui ai même consacré un blog, c'est dire - un blog qu'il faudrait que je mette à jour plus régulièrement d'ailleurs) et c'est vrai que la plupart de ces films sont dispensables (et aucun véritablement renversant). Mais ces derniers jours je suis allé voir Linda Linda Linda (film que j'ai en DVD mais sans sous-titre, c'est limite), un de ses derniers films. A priori (synopsys + trailer) je m'attendais à une grosse bouse et finalement j'adore de plus en plus ce film au fur et à mesure que je le vois. Et c'est surement en grande partie grâce à elle, parce que dans ce film elle peut réellement s'exprimer (paradoxalement elle joue dans une langue etrangère ^^).En fait en explorant le cinéma de proche en proche, il y a deux méthodes : suivre un réalisateur ou suivre un acteur. Le premier cas est intéressant car il montre souvent un tout cohérent et en évolution. Il est, pour peu qu'on ait bien choisit, assez sûr. Le second est plus alléatoire, plus souvent décevant mais pour ma part je le trouve aussi plus excitant.Gros poutou !Epikt   =^..^=PS : ah oui zut, j'ai oublié !Pour le prochain article, ça risque d'être tendu, je n'ai pas beaucoup de temps ces derniers temps (la chronique de Takeshi's est un texte que j'ai écrit il y a un mois ou deux sur un autre site ^^). Enfin, je ne prends pas le temps, c'est plutôt ça. On est en plein dans le festival Paris Cinéma et entre le panorama Nouveaux cinémas coréens et la rétrospective de cinéma bis rital des années 70 je ne sais plus où donner de la tête et passe mon temps en salles.J'espère quand même réécrire un article ou deux avant de partir en vancances (dans une dizaine de jour).